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LE PRINTEMPS DES QUAIS

Un docu-fiction sur l'histoire d'une censure de 30 ans, en bande dessinée !

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L'histoire authentique et incroyable d'un cinéaste dont le film fut censuré pendant... 35 ans !

Au milieu des années 50, un instituteur marseillais, Paul Carpita, décide de vivre intensément sa passion pour le cinéma en la mettant au service de son engagement humaniste. Pour pouvoir tourner son premier film de fiction, Le Rendez-vous des quais, un récit d’amour sur fond de grève des dockers, il doit redoubler d’ingéniosité : il emprunte de la pellicule au Parti Communiste Français, il filme de vrais CRS en leur faisant croire qu’il réalise un film à leur gloire, et il se fait prêter une salle de doublage par Marcel Pagnol !

 Achevé en 1955, le film fut immédiatement interdit de projection, et toutes ses copies saisies. Il ne sortira de l’oubli que 30 ans plus tard ! Il sera alors salué par la critique comme « le chaînon manquant entre Jean Renoir et la Nouvelle Vague ». 

C’est cette aventure artistique extraordinairement touchante que nous racontent Pascal Génot, Bruno Pradelle et Olivier Thomas.

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Paul Carpita, homme engagé et humaniste

« Je ne suis pas un cinéaste, je suis le fils d’un docker et d’une poissonnière. Un instituteur passionné de cinéma, c’est tout. »

Et bien non, ce n’est pas tout : Paul Carpita intègre le Parti Communiste en 1943 et rejoint la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Il participe après la fin de la guerre à la création du groupe de réalisations cinématographiques Ciné-Pax, qui propose des sujets de contre-actualités : séries de reportages sur la reconstruction de Marseille, les manifestations contre la guerre d’Indochine ou la grande grève des dockers de 1950. 

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C’est un homme qui souhaite porter au grand jour les problématiques sociales, les préoccupations des gens du peuple et qui milite pour l’expression populaire : « Dès que j’ai su me servir de la caméra, je l’ai tournée du côté des millions de gens qui ressemblent à papa et maman, les gens humiliés, méprisés », racontait le réalisateur. 

Partisan d’un cinéma populaire et engagé, Paul Carpita est un « cinéaste franc-tireur » comme l’écrit Pascal Tessaud. Engagé politiquement, socialement et artistiquement, Paul Carpita n’aura de cesse de croire en l’homme et en ses possibilités d’action. Et même si son engagement cinématographique lui vaudra l’interdiction du Rendez-vous des quais, Paul Carpita gardera sa foi en l’homme, et poursuivra son cinéma militant jusqu’au bout de sa vie. 

Cette foi, on la retrouve aussi dans l’enseignement qu’il dispense à ses jeunes élèves. Il croit en la chance de chacun et les pousse à y croire également. Ce discours portera à l’évidence ses fruits, même auprès des « cancres » dont il affirme « qu’ils ont des qualités que nous devons encourager ! ».

Le film et la censure

Le Rendez-vous des quais relate l’histoire d’un jeune couple - Robert est un jeune docker, Marcelle est ouvrière dans une biscuiterie - qui peine à trouver un logement car la vie est chère et leurs conditions précaires, mais pas seul ment… Il s’agit d’un film qui mêle fiction et réalité. Et la réalité des années 1950, ce sont les guerres coloniales et la guerre froide, ainsi que les grandes grèves des travailleurs. Des sujets que Paul Carpita aborde bien évidemment dans ses films, cependant le rapport qu’il entretient à l’actualité, commence à apparaître suspect aux yeux de certains hauts décisionnaires.

La censure frappe ainsi en 1955 de façon brutale, en interdisant totalement la projection du film - sous prétexte qu’il était « de nature à présenter une menace pour l’ordre public ». Les bobines sont alors saisies, Paul Carpita emmené au commissariat et puis plus rien… Le silence s’installe autour de cet événement et personne ne sait ce que sont devenues les bobines du film, sont-elle détruites, archivées, disparues ?

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Après cet épisode douloureux pour le cinéaste, Paul Carpita continuera cependant à proposer des oeuvres dont la sincérité, la profondeur et la révolution formelle sautent aux yeux. Il tournera plus d’une dizaine de films.

En 1981, lors d’un passage de Jack Lang à Port-de-Bouc, la question du Rendez-vous des quais est soulevée. Des dockers ayant participé au film interpellent le ministre de la Culture et lui demandent ce qu’il est advenu de l’oeuvre… c’est ainsi que l’on retrouve aux Archives, les copies du Rendez-vous des quais !

À partir de 1983, Le Rendez-vous des quais est projeté dans le réseau des Maisons des Jeunes et de la Culture comme il aurait dû l’être dans les années 1950. En 1988, pour la Fête du Cinéma, Jean-Pierre Daniel, grand ami de Paul Carpita, organise à Marseille la première grande projection publique du film dans les quartiers Nord, au parc François Billoux. Le Rendez-vous des quais est réhabilité.

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En 1989, c’est la consécration à Paris. Jean Rouch, président de la Cinémathèque et grand réalisateur de documentaires, présente le film à l’occasion du bicentenaire de la Révolution. Le Rendez-vous des quais devient le « chaînon manquant » du cinéma français entre néoréalisme et Nouvelle Vague.

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En librairie le 15 janvier 2014

Format : 240 x 320 mm

64 pages couleurs

cahier bonus 6 pages

Nuart : 52-8384-1 ISBN : 978-2-302-03084-8 

Prix : 14,95 euros