Noctambule, une nouvelle collection voit le jour !
date de dernière mise à jour : 18/05/2009 11:31
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Clotilde Vu, directrice de collection, nous présente Noctambule à l'occasion de la sortie, le 27 mai prochain, du premier ouvrage de cette nouvelle collection : À Bord de l'Étoile Matutine (voir le previews)
Comment l’idée de cette collection est-elle née ? Cela faisait déjà quelques années que j’œuvrais au sein des Éditions Soleil lorsqu’en 2006, au regard de ce que j’ai baptisé le P.B.F. (Paysage Bédéphilique Français), j’ai constaté que nombre d’éditeurs de bande dessinée avaient, un jour, publié des adaptations de romans, mais toutes noyées dans les flots de lignes éditoriales déjà denses. Aussi, ai-je eu l’envie, l’idée de créer un écrin spécifique à forte identité graphique et littéraire. Une envie que j’ai, à l’époque, soumise à Mourad (Boudjellal) qui m’a donné la chance de pouvoir la concrétiser. Sauf que… depuis… cette idée - sans doute dans l’air du temps - a également germé chez beaucoup d’autres éditeurs… (rires) Mais il y a quand même des distinctions : Noctambule est une collection de romans graphiques où les auteurs pourront certes adapter des romans, des nouvelles ou des contes ancrés dans leur mémoire, leur vie ; mais aussi proposer des récits intimistes. C’est en quelque sorte une passerelle, au sens large, entre littérature et bande dessinée. Elle se démarque à travers un format - à mi-chemin entre ces deux médias -, des histoires en un volume à forte pagination, et un ton. Aucun livre ne se ressemblera, tant chaque auteur a sa « patte » et sa personnalité. De vraies curiosités en perspective !
« Noctambule », c’est donc le nom de cette collection, comment l’avez-vous choisi ? Je me suis amusée à composer quelques champs lexicaux comprenant toutes les notions que je souhaitais évoquer : le plaisir, l’évasion, le temps, le passage d’un genre à un autre. Je voulais un nom poétique, ludique… Après plusieurs heures/jours/semaines de réflexion et d’hésitation, j’ai finalement opté pour « Noctambule ». Un nom qui évoque l’idée d’une balade nocturne, pourquoi pas sur les sentiers de l’imaginaire - d’un genre à un autre - et à travers le temps. Et comme on n’imagine pas forcément ce type de collection chez Soleil parce que éditeur référencé d’heroic fantasy, j’ai trouvé le clin d’œil, l’opposition, amusante. Qu’est-ce qui a motivé vos choix d’auteurs, de titres ? Quand une collection est à l’état de fœtus, les auteurs n’en connaissant pas encore l’existence ne proposent pas de projets. C’est à nous d’en susciter l’envie. J’ai fonctionné par coups de cœur : j’ai contacté plusieurs auteurs dont le travail - l’univers, l’approche, le dessin - me « parlait » d’une façon ou d’une autre ; et nous avons discuté - avec certains, brièvement, avec d’autres, plus longuement… D’échanges en échanges (avant que Noctambule ne devienne une collection de romans graphiques - ouverte aux récits intimistes), j’ai réalisé qu’il était inutile de proposer une liste de livres susceptibles d’être adaptés, puisqu’un auteur ne mettra jamais autant d’implication et d’âme dans son travail que s’il choisit et propose lui-même une œuvre qui l’a touchée. Et Riff Reb’s, notamment, le prouve avec son adaptation incroyablement « habitée » de À bord de l’Étoile Matutine écrit par Pierre Mac Orlan. Un écrivain et un livre qui semblent avoir été taillés pour lui coller à la plume et au pinceau.
Pour découvrir le dossier de présentation de la collection : cliquez ici Vous en parliez… À la fin du mois, le premier livre de la collection largue les amarres. Il s’agit de l’adaptation de À bord de l’Étoile Matutine de Pierre Mac Orlan par Riff Reb’s. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?  Tout au long de la réalisation de ce livre, Riff m’a vraiment surprise, époustouflée. Au fur et à mesure que je voyais les N&B se dessiner sous mes yeux, je le voyais bousculer son trait, oser, le récit prenait vie, s’animait, à tel point que nous avons vraiment hésité à le mettre en couleurs. C’est un roman et un écrivain qui lui « parlent » tellement, que je crois qu’il a mis - dans cette adaptation - tout ce qu’il avait en lui, toute sa sensibilité, sa verve narrative et graphique au service de héros ancrés dans le réel, qui vivent de chapitre en chapitre, des aventures incroyablement humaines sur mer et sur terre. C’est à mes yeux, le livre le plus poignant qu’il n’ait jamais réalisé, et je suis vraiment touchée qu’il m’en ait fait le cadeau. Que vous aimiez ou non les histoires de pirates, ce petit chef d’œuvre, riche de l’intérieur, ne pourra que provoquer quelque chose en vous… Sans artifices, avec tout son talent, Riff joue un vrai pari, et je gage qu’il a tout à gagner et peu à perdre. Ne me laissez pas mentir, précipitez-vous… ! ;) Un petit mot sur les prochaines parutions ? Comme il s’agit d’une collection de livres à forte pagination, j’ai préféré - pour des questions de coûts notamment - privilégier la qualité à la quantité. Comme je le disais plus haut, je fonctionne au coup de cœur, et s’il n’est pas à mes yeux une évidence, alors je préfère renoncer au projet, car j’aurais peur de ne pas le « défendre » avec l’ardeur souhaitée. Tout ça pour dire que la collection n’inondera pas le marché, mais l’agrémentera, telle une cerise sur le gâteau à hauteur de 3 ou 4 livres par an. Le prochain paraîtra à la fin de cette année – pensez aux cadeaux de Noël ;) - il s’agit de l’adaptation du Dernier des Mohicans par Cromwell. Tout simplement spectaculaire ! Tout en aspérités, en force, en vie, vos pupilles vibreront à la vue de sa sublime version picturale. Puis en 2010, Le Joueur de Dostoïevski par Stéphane Miquel et Loïc Godart – là encore, une approche et un graphisme qui collent parfaitement à l’œuvre de ce maître de la littérature russe (et cela n’est pas aisé), puis L’Île aux trente cercueils par Marc Lizano, surtout connu pour son travail dans le livre Jeunesse et qui lui aussi, surprend, en conservant la naïveté, la simplicité de sa ligne graphique, tout en lui conférant une dimension plus habitée encore. Enfin - même si nous n’en sommes qu’aux prémices - difficile de ne pas en parler… Claire Wendling vous proposera aussi le célèbre texte intégral de Lewis Caroll, Alice au pays des merveilles, marié à ses dessins, disons qu’ils feront corps. Musicaux, poétiques, expressifs, plein de subtilité et de sensibilité dans chaque détail, difficile de rester impassible ! De futurs rendez-vous à ne pas manquer... (sourire)
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